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Produits toxiques



Cancers professionnels : la facture est lourde

D’après une étude de l’Institut syndical européen (Etui), les cancers professionnels dans l’Union européenne coûtent cher : entre 270 et 610 milliards d’euros chaque année, ce qui représente de 1,8 % à 4,1 % du produit intérieur brut de l’Union européenne. La facture est également lourde, humainement parlant : plus de 100 000 morts par an.
« Avecplus de 100 000 morts par an, les cancers professionnels sont la première cause de mortalité au travail dans l’UE. Cette étude démontre que le coût sociétal des cancers liés au travail est faramineux. Ce sont les travailleurs et leurs familles qui en assument la part la plus importante. Cette situation constitue une injustice inacceptable, tant sur le plan social qu’économique et l’UE se doit d’agir pour mettre fin à ces cancers évitables », a commenté Tony Musu, expert en risques chimiques à l’Etui.
Des travailleurs exposés à de nombreux cancérogènes
Les vapeurs de diesel, les poussières de bois, les huiles minérales utilisées dans l’industrie automobile ou la fabrication d’emballages alimentaires, l’arsenic ou les dioxines longtemps présents dans les pesticides, le travail posté de nuit, qui favorise le cancer du sein chez les femmes, ou encore les fumées de tabac sont les différents cancérogènes et situation de travail auxquels sont exposés les travailleurs européens.
L'étude précise que, chaque année, environ 190 000 cancers professionnels sont déclarés en Europe. Et les coûts sont lourds : hospitalisation, chimiothérapie, soins palliatifs... plus les sommes dépensées directement par le malade et ses proches. A cela se rajoute également le coût des arrêts de travail, la nécessité pour l’employeur de remplacer l’employé absent, ou les pertes de cotisations sociales dues à une mort prématurée.
L'étude donne pour exemple le cancer du poumon, le plus fréquent : il coûte en moyenne 13 200 euros par an, pour un cancer de l’intestin, c'est 7 600 euros. A ces chiffres il faut rajouter les dommages qui se répercutent sur la qualité de vie du salarié (anxiété, dépression, troubles du sommeil...) et de ses proches. 
En Martinique qu’en est-il ?
Si on tient compte de la mesure d’évaluation des différents Plan Cancer concoctés par l’Institut national du Cancer, la part des cancers attribuable à des expositions professionnelles est estimée entre 4 à 8,5 % ce qui représente en France entre 14 000 et 30 000 nouveaux cas par an. Si on extrapolait ces chiffres nationaux, on serait conduit à évaluer le chiffre des cancers professionnels autour de 100 à 200 cas.
Dans son rapport d’activité 2016 de la direction des risques professionnels de la CGSS Martinique fait état de 162 Maladies professionnelles qui ont été reconnues. Et dans ce chiffre, la part des cancers attribuable à des expositions professionnelles n’est pas estimée, la direction des risques professionnels, nous semble bien en deçà de la réalité.
D’ailleurs, il est reconnu que, sous l’influence du Chlordécone, il existerait 227,2 cas, rien que pour le cancer de laprostate (Source: World Cancer Research Fund International). Que serait ce chiffre, toujours dans le milieu agricole, si on devait y ajouter les menaces de contamination que fait peser sur les salariés l’usage des pesticides hautement toxiques que sont les: fongicides, herbicides, insecticides pour ne citer que ceux-là.
Surtout quand on sait que rien n’est mis en œuvre sur les exploitations agricoles pour protéger les salariés par des mesures de prévention, de suivi clinique cutané, et de surveillance médicale particulière de nature à les préserver des conséquences morbides de ces poisons.






Glyphosate, Chlordécone, des pesticides qui tuent

Après plus de 10 années de dénonciation du Glyphosate comme étant extrêmement nocif, c’est toujours la galère pour les opposants à la commercialisation du produit, de le faire interdire par l’Europe.
Pourtant vendu sous l’étiquette Roundup, la nocivité de l’herbicide n’est plus à démontrer, car déclaré « cancérigène probable » par le Centre international de recherche sur le cancer (CirC), et reconnu comme tel par des études scientifiques.
L’herbicide vendu par Monsanto, est notoirement, omniprésent dans l'eau, l'air, la terre et les aliments, c’est aussi un dangereux perturbateur endocrinien.
La question que l’on pourrait se poser est: pourquoi en Martinique, alors que le glyphosate laisse planer un scandale identique à celui du chlordécone, est le désherbant le plus largement utilisé dans les exploitations agricoles ?

Lire la lettre du docteur Macni….

Lettre ouverte adressée
Aux Maires de la Martinique
Aux Présidents des collectivités



Bloquer les procès amiante, c’est donner un « permis de tuer » aux auteurs de crimes industriels

Les victimes de l'amiante pourraient bien ne pas avoir de procès, car le parquet de Paris estime qu'il est impossible de connaître la date exacte de contamination des personnes ayant été en contact avec l'amiante.
C'est un coup dur de plus pour les victimes de l'amiante. Après vingt et un ans d'instruction, le parquet de Paris a estimé mardi 27 juin qu'il était impossible de connaître la date exacte de contamination des personnes ayant été en contact avec l'amiante. Une décision qui pourrait ouvrir la voie à des non-lieux.
Cette décision est non seulement absurde, choquante, mais surtout c'est un véritable scandale ! Le parquet prétend que, comme il est impossible de dater le moment où la faute a été commise - puisque les maladies de l'amiante se déclarent plus ou moins longtemps après la contamination (parfois vingt ans pour certains cancers), contrairement à d'autres contaminations.
Le parquet dit clairement aux victimes : « Circulez, il n'y a rien à voir !  ». Un mépris pour elles, les familles et tous ceux qui se battent depuis vingt et un ans pour réclamer un vrai procès.
Mais l’Andeva et la Fédération nationale des accidentés de la vie (Fnath), contestent l’interprétation frauduleuse d’une expertise scientifique pour lui faire dire le contraire de ce qu’elle dit.
C’est un énorme scandale judiciaire. 100 000 morts de l’amiante annoncées, vingt et un ans d’instruction pour en arriver là ! C’est un véritable naufrage de l’institution judiciaire. Ensemble, nous devons faire entendre notre voix.
La portée de cette décision va bien au-delà des victimes de l’amiante. Des décisions analogues pourraient demain s’appliquer aux victimes de produits à effets différé (cancérogènes, mutagènes ou reprotoxiques). Cela reviendrait à délivrer par avance un « permis de tuer » aux auteurs de crimes industriels « non datables ».
 



Procès de l'amiante : les industriels ont les mains libres

Les victimes de l'amiante pourraient bien ne pas avoir de procès, car le parquet de Paris estime qu'il est impossible de connaître la date exacte de contamination des personnes ayant été en contact avec l'amiante.
C'est un coup dur de plus pour les victimes de l'amiante. Après vingt et un ans d'instruction, le parquet de Paris a estimé mardi 27 juin qu'il était impossible de connaître la date exacte de contamination des personnes ayant été en contact avec l'amiante. Une décision qui pourrait ouvrir la voie à des non-lieux dans une quinzaine de dossiers.
Cette décision est non seulement absurde, choquante, mais surtout c'est un véritable scandale ! Le parquet prétend que, comme il est impossible de dater le moment où la faute a été on ne peut donc l’imputer à quiconque. Mais l’Andeva et la Fédération nationale des accidentés de la vie (Fnath), contestent l’interprétation frauduleuse d’une expertise scientifique pour lui faire dire le contraire de ce qu’elle dit
Le parquet dit clairement aux victimes : « Circulez, il n'y a rien à voir !  ». Un mépris pour elles, les familles et tous ceux qui se battent depuis vingt et un ans pour réclamer un vrai procès.
La portée de cette décision va bien au-delà des victimes de l’amiante. Des décisions analogues pourraient demain s’appliquer aux victimes de produits à effets différé (cancérogènes, mutagènes ou reprotoxiques). Cela reviendrait à délivrer par avance un « permis de tuer » aux auteurs de crimes industriels « non datables ».



La Confédération Syndicale Internationale (CSI) s’engage en matière de produits toxiques, et ce n’est pas trop tôt !

Aujourd’hui, les cancers professionnels tuent plus d’un travailleur toutes les minutes dans le monde entier, selon une étude détaillée avec des éléments de preuve disponibles.
Le mouvement syndical international, s’exprimant à l’occasion du 28 avril, Journée internationale de commémoration des travailleurs et des travailleuses morts ou blessés au travail, indique que ces pertes de vies humaines évitables doivent cesser.
Le nombre de décès annuels dus à des cancers professionnels s’élèverait à 660.000. Une commercialisation toxique associée à un échec réglementaire a déjà condamné une nouvelle génération à une mort prématurée.
Par exemple, le mois prochain, il y a toutes les raisons de croire qu’un nombre juste suffisant de gouvernements s’aligneront sur l’industrie de l’amiante et décideront que l’amiante chrysotile ne doit pas figurer pas sur la liste des exportations toxiques, jointe à un traité clé des Nations Unies.
C’est un exemple typique d’une industrie protégeant ses marchés, sans considération des conséquences humaines. La production mondiale d’amiante n’est pas en diminution et, dans certains pays, comme en Inde, en Indonésie et au Brésil, la consommation est même en hausse.
Au même titre que l’amiante, nous savons aussi depuis plus d’un demi-siècle que le benzène provoque des cancers. Toutefois, les plus grands noms de la pétrochimie – British Petroleum (BP), Chevron, ConocoPhillips, ExxonMobil et Shell Chemical – qui ont tous contribué à une grande étude menée pendant ces dix dernières années, font tout pour éviter les demandes en réparation pour cancer et pour protéger leur précieux produit d’une réglementation plus stricte.
Partout où des contrôles plus stricts sont proposés, des représentants de l’industrie ou leurs mercenaires apparaissent pour remettre en cause la science et « annoncer une catastrophe économique ».
Qu’il s’agisse de silice ou d’échappements de diesel, de teintures ou de métaux, ou de produits chimiques perturbateurs endocriniens liés aux cancers du sein, les solutions de rechange ne sont pas utilisées et les méthodes de contrôle ne sont soit pas employées, soit pas correctement appliquées.
Rien n’est inévitable en matière d’expositions aux produits toxiques au travail. Plus de 40 pays, y compris ceux de l’Union européenne, fonctionnent sans amiante et sans incidence négative. Pourquoi les travailleurs indiens, brésiliens ou sri lankais ne devraient-ils pas bénéficier de la même protection, du même respect de leur santé ?
En fait les entreprises les plus rentables au monde ne défendent pas uniquement leurs produits toxiques, elles encouragent de faibles normes en matière d’exposition pour en tirer un maximum de profit parce que seul le profit compte !
Tant qu’il y aura de l’argent à faire, l’industrie continuera d’être mortellement attachée à certains des tueurs les plus puissants de tous les temps.


03-05-2015
 



Pesticides et risques de cancers

Les pesticides ont été largement utilisés à partir de  AVRIL 2014 la seconde moitié du XXe siècle, en particulier dans l’agriculture intensive, entraînant la présence de résidus dans l’environnement, notamment dans l’eau des rivières et des nappes phréatiques, dans  l’air et dans les eaux de pluie. Les pesticides se retrouvent  également dans les aliments tels que les fruits, les légumes,…Lire la suite dans le doc ci-dessous

pesticides


Le cancer reconnu maladie professionnelle chez les dockers (Source AFP)

Le tribunal des affaires de Sécurité sociale de Nantes a reconnu le caractère professionnel des cancers (rein et thyroïde) de Jean-Luc Chagnolleau, décédé en septembre 2011 à l'âge de cinquante-cinq ans. Une décision qui reconnaît que les dockers sont exposés à de multiples cancérogènes au cours de leur vie professionnelle.
Le tribunal a estimé que la multi-exposition aux poussières et à des produits toxiques et cancérigènes de Jean-Luc Chagnolleau «a eu un rôle causal direct et essentiel dans la survenance de ses pathologies».
Cette reconnaissance est une première dans la profession de docker. «C’est une décision qui va faire jurisprudence», a déclaré Serge Doussin, président de l’Association pour la protection de la santé au travail des métiers portuaires».



Cancer du sein : 17 substances chimiques particulièrement néfastes

Actuellement, 1 femme sur 8 en Europe est touchée par le cancer du sein. En France, 48 763 nouveaux cas sont déclarés chaque année et 12 000 femmes en meurent. « L'amélioration du dépistage n'explique pas la totalité de l'augmentation des cas de cancers du sein ces vingt dernières années », a précisé Patrice Sutton, chercheuse au sein du Programme de santé reproductive et de l'environnement, à l'université de californie San Francisco (Etats-Unis), lors d'une conférence de presse organisée par la branche française du réseau WECF (Women in Europe for a Common Future) et soutenue par la députée européenne Michèle Rivasi d'Ecologie Les Verts.
Les perturbateurs endocriniens en cause
Les cancers du sein d'origine génétique liés à la mutation BRCA 1 et 2 ne justifient pas non plus cette explosion. « La plupart des femmes ne sont pas porteuses des gènes incriminés, elles n'ont pas non plus de parents ayant été atteints par ces tumeurs », a souligné pour sa part Janet Ackerman, chercheuse au Silent Spring Institute à Boston (Etats-Unis).
En revanche l'environnement, et notamment l'impact des pertubateurs endocriniens (ces produits capables d'altérér le fonctionnement de nos hormones) est de plus en plus souvent pointés dans le développement de ces maladies. Selon l'Organisation Mondiale de la Santé 19% des cancers, tous confondus, sont attribuables à des causes environnementales et tuent 1,3 millions de personnes dans le monde.
« Nous avons des quantités de données scientifiques validées, a rappellé Elisabeth Ruffinengo du WECF. Maintenant, nous attendons des mesures politiques en faveur de la prévention primaire. Car si les pertrubateurs endocriniens sont invisibles, leurs conséquences, elles, sont visibles ».
Tous les bébés qui naissent sont pré-pollués
D'après Patrice Sutton, une américaine enceinte est contaminée par au minimum 43 substances chimiques toxiques présentes dans l'air, l'eau, les aliments, les produits de consommation courante... « Tous les bébés qui naissent aujourd'hui sont prépollués », a-t-elle souligné. Or, l'exposition à ces produits avant et pendant la grossesse « peut avoir des impacts sur la santé du nourrisson, de l'enfant, de l'adulte et des générations futures », a t-elle ajouté.
En 2013, l'Organisation Mondiale de la Santé rapportait que les maladies dépendant de problèmes hormonaux étaient en progression : troubles de la reproduction, du développement chez les enfants, diabète de type 2, cancers hormono dépendants, pubertés précoces, etc.
En ce qui concerne le cancer du sein, dans une étude publiée en mai dernier, sur 200 produits chimiques auxquels ont été exposés des rats de laboratoire, Janet Ackerman et son équipe a pu identifié que 17 de ces substances étaient particulièrement délétères. « C'est donc elles qu'il faut cibler prioritairement pour la prévention de ce cancer », spécifie la chercheuse américaine.
Gare aux diesel, textiles anti-tâches, solvants...
Parmi eux, on trouve des substances présentes dans l'essence, le diesel et d'autres gaz d'échappement, des retardateurs de flamme (utilisées dan sles plastiques et les mousses), des textiles antitâches, des décapants à peinture, des dérivés de produits de désinfection de l'eau potable, des teintures capillaires, des huiles de cuisine chauffées, la fumée de cigarettes, la mousse en polyuréthane, les solvants (colles, nettoyage à sec, dégraissants...), les emballages alimentaires en polystyrène, etc.
Pour la chercheuse, il est d'ores et déjà possible d'utiliser des biomarqueurs pour mesurer ces cancérogènes mammaires potentiels dans le corps des femmes à partir d'échantillons d'urines, de sang, de lait maternel, de cheveux ou de salive. « Cela permettrait de suivre les expositions et évaluer les meilleures stratégies pour les réduire », note Janet Ackerman.
Des médecins américains se mobilisent
En attendant, les professionnels de santé américains commencent à se mobiliser. En 2013, l'Association américaine de gynécologues et d'obstétriciens américains (American Congress of Obstetricians and gynecologists) et la Société américaine pour la médecine reproductive (American society for reproductive medecine) ont publié une déclaration commune qui appelle « à une action opportune pour identifier et réduire les agents environnementaux présents dans l'environnement tout en s'attaquant aux conséquences de ces expositions ».
En France, une Stratégie nationale sur les perturbateurs endocriniens a été adoptée l'année dernière. Mais on attend toujours celle de la Commission Européenne. Annoncée pour 2014, elle a été repoussée à 2015 sous le poids des lobbys qui ont demandé une étude sur les conséquences économiques de l'interdiction ou de la restriction de certains perturbateurs. C'est ce qui s'appelle gagner du temps
 



Bloquer les procès amiante, c’est donner un « permis de tuer » aux auteurs de crimes industriels

Les victimes de l'amiante pourraient bien ne pas avoir de procès, car le parquet de Paris estime qu'il est impossible de connaître la date exacte de contamination des personnes ayant été en contact avec l'amiante.
C'est un coup dur de plus pour les victimes de l'amiante. Après vingt et un ans d'instruction, le parquet de Paris a estimé mardi 27 juin qu'il était impossible de connaître la date exacte de contamination des personnes ayant été en contact avec l'amiante. Une décision qui pourrait ouvrir la voie à des non-.
Cette décision est non seulement absurde, choquante, mais surtout c'est un véritable scandale ! Le parquet prétend que, comme il est impossible de dater le moment où la faute a été commise - puisque les maladies de l'amiante se déclarent plus ou moins longtemps après la contamination (parfois vingt ans pour certains cancers), contrairement à d'autres contaminations.
Le parquet dit clairement aux victimes : « Circulez, il n'y a rien à voir !  ». Un mépris pour elles, les familles et tous ceux qui se battent depuis vingt et un ans pour réclamer un vrai procès.
Mais l’Andeva et la Fédération nationale des accidentés de la vie (Fnath), contestent l’interprétation frauduleuse d’une expertise scientifique pour lui faire dire le contraire de ce qu’elle dit.
C’est un énorme scandale judiciaire. 100 000 morts de l’amiante annoncées, vingt et un ans d’instruction pour en arriver là ! C’est un véritable naufrage de l’institution judiciaire. Ensemble, nous devons faire entendre notre voix.
La portée de cette décision va bien au-delà des victimes de l’amiante. Des décisions analogues pourraient demain s’appliquer aux victimes de produits à effets différé (cancérogènes, mutagènes ou reprotoxiques). Cela reviendrait à délivrer par avance un « permis de tuer » aux auteurs de crimes industriels « non datables ».
 



Les produits chimiques, première menace pour la santé des travailleurs, mais les entreprises ne semblent pas s’en soucier.

De plus en plus, les produits chimiques posent un problème potentiel dans tous les types d'emploi, des salons de coiffure (méthacrylate de méthyle) aux chantiers (amiante, diluants et autres vapeurs de soudage) sur les exploitations agricoles en passant par le secteur du nettoyage (produits phytosanitaires).
Même dans les bureaux, le personnel est exposé aux particules de toner et autres produits similaires. Soumis à certains de ces produits, les travailleurs peuvent développer des cancers des années après.
L'OIT (l’organisation Internationale du Travail) avance le chiffre de 4,9 millions de morts dans le monde en 2004 directement imputables aux produits chimiques.
En France, selon le ministère du Travail, 10% des salariés, soit près de 2,2 millions de personnes, ont été exposés à au moins un cancérogène au cours de la dernière semaine travaillée (enquête Sumer 2009-2010).
En Martinique il n’existe pas d’enquête sérieuse car les organismes chargés de la protection sociale des salariés dissimulent dangereusement cette réalité, mais on peut même en étant idiot, imaginer que si les terres agricoles sont empoisonnées, les poumons ou autres organes des ouvriers qui travaillent dans ces milieux ne doivent pas se trouver au mieux.
Les spécialistes des cancers professionnels, relève que « les risques chimiques ne sont pas du tout maîtrisés dans le travail » et que leurs effets sont « sous-estimés ». Souvent, les salariés sont exposés « les très jeunes, les intérimaires, les stagiaires, les sous-traitants et les femmes» sans les dispositifs nécessaires pour leur protection.
Cette situation est alarmante car les entreprises trainent les pieds pour reconnaitre les effets sur les salariés des produits chimiques et des risques psychosociaux qui se développent à grande vitesse en Martinique
 



Journée Mondiale de la santé et de la sécurité au travail 2014 : Quelles politiques de prévention pour l’utilisation des produits chimiques ?

Comme chaque année le Bureau International du Travail organise le 28 avril la Journée mondiale de la santé et de la sécurité au travail, qui a pour thème en 2014 « l’utilisation des produits chimiques au travail : quelle politique de prévention ? ». A cette occasion, l’Institut National de Recherche et de Sécurité (INRS) organise une rencontre-débats...Lire la suite dans le doc ci-dessous

Journée mondiale OIT


Les travailleurs du bitume devront être mieux protégés


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L'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) pointe un risque sanitaire pour les salariés exposés aux fumées nocives du bitume et insiste dans un rapport, rendu public le 11 septembre, sur « l'importance de la mise en place d'une surveillance étroite des émissions potentiellement dangereuses pour les travailleurs ».
Ce rapport fait suite à la saisie de l'Anses par la Fédération nationale des salariés de la construction (FNSC-CGT) afin de synthétiser les études sur ces produits et d'évaluer les risques pour l'homme.
Les bitumes sont en effet des résidus de raffinage du pétrole, utilisés pour les travaux routiers mais aussi pour l'étanchéité des toitures et encore des terrasses."En tant que résidus de distillation, les bitumes sont des mélanges de composés chimiques nombreux et variés (plus de 10 000 composés) dont il est impossible de dresser une liste précise", souligne l'Anses.
Que ce soit dans le domaine de la construction et de l’entretien des routes ou de l’étanchéité des toitures et des terrasses,"les différentes utilisations des liants bitumineux peuvent induire une exposition directe des travailleurs aux bitumes mais surtout à leurs émissions, lorsqu’ils sont chauffés pour leur manipulation", indique l'Anses. Jusqu'à 93.000 salariés français seraient concernés par une exposition à la fumée de bitume : entre 5.000 et 85.000 ouvriers du secteur de la construction et de l'entretien des routes et près de 8.000 ouvriers qui travaillent sur l'étanchéité des toitures, selon des données rapportées par l'Agence.
Des effets sanitaires certains
Le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) a d'ailleurs récemment classé l’exposition aux bitumes oxydés et à leurs émissions lors des travaux d’étanchéité comme cancérogène probable pour l’Homme et l’exposition aux bitumes et leurs émissions lors de la pose d’enrobés et/ou lors de travaux d’asphaltage comme cancérogène possible.
Les études épidémiologiques ont également mis en évidence l’existence d’effets respiratoires (asthmes, bronchites chroniques…) liés à une exposition des travailleurs. Des effets cardiovasculaires et immunotoxiques sont également suspectés. Pour les effets cutanés, l’Anses souligne "qu’il n’est pas possible, en l’état actuel des connaissances, de tirer des conclusions définitives concernant l’existence ou non d’un risque de développer un cancer cutané chez les travailleurs exposés aux émissions de bitumes et que des données sont également nécessaires afin d’évaluer les effets conjugués liés à une co-exposition aux émissions de bitumes et aux rayonnements solaires".
Réduire les expositions
La réduction des expositions professionnelles aux fumées de bitume ne pourra se faire sans passer par des "mesures de prévention collective et d'adaptation de l'organisation du travail », comme par exemple « décaler les horaires plus tôt l'été de manière à réduire l'impact de la chaleur » ou « évaluer la pertinence d'un système de rotation des postes de travail permettant aux travailleurs d'alterner différentes tâches ». L'Agence préconise un suivi médical approprié des travailleurs, encourage la sélection des « produits et procédés d'application les moins exposants », et le respect "des températures propres à l'utilisation de chaque produit bitumeux ».
 
 



« Les pesticides les effets sur la santé » : un nouveau rapport sur les dangers des pesticides.

L’Inserm (Institut National de la Santé et de la recherche Médicale) vient tout juste dans un excellent rapport évoqué l’implication de pesticides dans plusieurs pathologies, en particulier des pathologies cancéreuses, des maladies neurologiques et des troubles de la reproduction. Dans ce même rapport, des travaux de recherche attirent l’attention sur les effets éventuels d’une exposition même à faible intensité, en particulier dans le secteur agricole chez le fœtus et le jeune enfant.
 
Pour son rapport, l’Inserm s’est appuyé sur un groupe pluridisciplinaire d’experts constitue d’épidémiologistes, des spécialistes de l’environnement ou de la santé au travail et de biologistes spécialistes de la toxicologie cellulaire et moléculaire.
 
Le groupe d’experts a structure son analyse en trois parties : l’expologie, l’épidémiologie et la toxicologie. La partie I de cette expertise présente les notions générales concernant les pesticides, leurs principales utilisations en France, les sources d’exposition, et les problématiques liées aux mesures de l’exposition dans les études épidémiologiques. Elle a pour objectif de fournir les clés de compréhension pour la lecture de la partie II consacrée a l’analyse des données épidémiologiques étudiant le lien entre la survenue de certaines pathologies et l’exposition aux pesticides. Elles concernent chez l’adulte, huit localisations cancéreuses (lymphomes non hodgkiniens, leucémies, myélomes multiples, maladie de Hodgkin, cancer de la prostate, cancer du testicule, mélanomes malins et tumeurs cérébrales), trois pathologies neurodegeneratives (maladie de Parkinson, sclérose latérale amyotrophique et maladie d’Alzheimer), les troubles cognitifs et anxiodepressifs ainsi que les effets sur la fonction de reproduction. Sont également abordes les impacts d’une exposition aux pesticides sur le déroulement de la grossesse, le développement de l’enfant et de certains cancers pédiatriques.
Lire le rapport….

l'inserm et les pesticides


Cancer du bitume : Eurovia condamnée en appel pour faute inexcusable après le décès d’un ouvrier

La Cour d’appel de Lyon a confirmé la condamnation pour faute inexcusable de la société Eurovia, filiale du groupe Vinci après la mort, à 56 ans, de José Francisco Serrano Andrade. L’entreprise devra verser 200 000 euros de dommages et intérêts à la famille de la victime.
Cet ouvrier est décédé en 2008 d’un cancer de la peau provoqué par son exposition aux vapeurs de bitume, produit utilisé dans la réfection ou la construction de routes. L’ouvrier travaillait sans protections particulières. La Cour a jugé que l’employeur « avait, ou aurait dû avoir conscience du danger auquel était exposé le salarié et n’a pas pris les mesures nécessaires pour l’en préserver » alors que le fabricant du bitume avait prévenu de la nécessité de ces protections dès 1984.
Le tribunal des affaires de Sécurité sociale (Tass) de Bourg-en-Bresse (Ain) avait déjà fait le lien entre le cancer de cet ouvrier et les fumées toxiques du bitume en 2010. Condamnée pour « faute inexcusable » Eurovia avait fait appel de la décision.
Plusieurs autres plaintes ont été déposées en 2010 à Bourg-en-Bresse, Orléans et Besançon par des familles d’ouvriers décédés du cancer du bitume. Elles estiment, elles aussi, que l’utilisation de résidus du raffinage du pétrole contenant des hydrocarbures aromatiques polycycliques cancérogènes est à l’origine de ces décès.
 Selon le syndicat Cgt de la construction, du bois et de l’ameublement, 80 000 ouvriers seraient en contact régulièrement avec le bitume.



Le procès de l’amiante relancé en cassation

La Cour de cassation a donné tort mardi 26 juin à la cour d’appel de Paris, qui avait annulé en décembre dernier six mises en examen dans l’enquête sur la mort d’anciens salariés des usines Eternit.
Le 16 décembre 2011, la chambre d’instruction de la cour d’appel de Paris avait annulé les mises en examen d’Eternit et de cinq de ses responsables pour "homicides et blessures involontaires", en invoquant des problèmes juridiques.
La Cour de cassation a estimé que ces arguments n’étaient pas recevables. Elle "casse et annule" l’arrêt du 16 décembre 2011 et "renvoie la cause et les parties devant la chambre d’instruction de la cour d’appel de Paris autrement composée".
Ce procès de l’amiante est en cours depuis 16 ans déjà en France et pour l’instant reste sans résultat, alors qu’en Italie récemment, deux responsables d’Eternit ont déjà été condamnés à 16 ans de prison par le tribunal de Turin en février dernier.
07-07-2012
 



L’épandage aérien mis à l’index en Guadeloupe

Epandage aérien : le principe de précaution doit prévaloir sur la rentabilité
Le Député maire Eric JALTON réaffirme sa crainte concernant l’épandage par voie aérienne de produits pesticides et tout autre produit destiné à la lutte contre les ennemis des cultures notamment celle de la Banane en Guadeloupe.
Il est notoire que les conséquences de cet épandage sur la santé humaine ne sont sûrement pas neutres quand on sait que les avions survolent des zones habitées...Lire la suite 

Communiqué Eric JALTON surépandage


Voilà une étude qui concerne la vie au travail des ouvriers agricoles.

Il est désormais reconnu que les pesticides affectent le cerveau des viticulteurs exposés.
Les fonctions cognitives, la mémoire, la concentration et la vigilance des viticulteurs exposés aux produits phytosanitaires (pesticides et fongicides) se dégradent plus vite que celles des agriculteurs qui n’y sont pas exposées montre une étude présentée le 30 mai lors d’un colloque de l’Agence nationale de sécurité sanitaire, de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses).
 Lors de cette enquête menée par l’Inserm plusieurs centaines de personnes ont été suivies sur une période de douze ans avec le soutien de l’Anses qui a financé cette étude.
 
La dégradation des performances des viticulteurs exposés était mesurable quatre ans seulement après le début des observations relèvent les chercheurs. Le Dr Isabelle Baldi, spécialiste de santé au travail a expliqué à l’Afp que les résultats montraient « des altérations des performances aux tests neurocomportementaux chez les sujets professionnellement exposés aux pesticides par rapport aux sujets non exposés ».
 Au terme des douze années du suivi, la moitié des viticulteurs avaient vu leur santé se dégrader.
 
Ces troubles peuvent amener à des maladies neurodégénératives comme la maladie d’Alzheimer ou la maladie de Parkinson – récemment inscrite au tableau des maladies professionnelles des agriculteurs –, et l’étude de l’Inserm et de l’Anses a permis de repérer en situation réelle d’activité professionnelle les effets des différentes substance des produits utilisés.
 D’autres tests vont être réalisés au fil des prochaines années pour suivre l’évolution de la dégradation cognitive chez les personnes exposées.
 09-06-2012



Le préjudice d’anxiété reconnu pour d’anciens salariés d’Eternit
(Lu dans Viva Mag)


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Dans un arrêt du 3 mai 2012, la cour d’appel de Toulouse vient d’accorder 10 000 € d’indemnités à chacun des vingt-et-un anciens salariés de l’usine Eternit de Terssac, près d’Albi (Tarn). Elle a reconnu le "préjudice d’anxiété" à ces anciens salariés, aujourd’hui âgés de 59 à 63 ans, victimes de l’amiante.
Ce préjudice est justifié par une situation d’inquiétude permanente ; il prend en compte le fait que l’exposition à l’amiante favorise les états dépressifs, modifiant ainsi l’état de santé psychique et encourageant la prise d’antidépresseurs ou autres anxiolytiques. Et ce, même en l’absence de maladie professionnelle développée. "Si on tousse et qu’on a des douleurs, elles n’ont pas la même signification. Des camarades refusent même les scanners, de crainte de se voir découvrir un Mésothéliome, le cancer de la plèvre dû à l’amiante. Nous, on leur dit, vas-y, c’est mieux quand c’est pris tôt.", témoigne dans "La Dépêche du midi" Jean-Marie Birbès, président de l’Association départementale de défense des victimes de l’amiante du Tarn (Addeva 81) et ancien délégué Cgt de l’usine, qui ne fait toutefois pas partie des plaignants.
Cette décision confirme celle des prud’hommes d’Albi et va dans le même sens que celle prise récemment par la cour d’appel de Paris. Elle pourrait aussi faire jurisprudence et s’appliquer à tous les travailleurs exposés à des substances dangereuses ou cancérigènes, par exemple dans l’agriculture ou le nucléaire.
La Cour d’appel de Toulouse n’a en revanche pas reconnu le "préjudice découlant du bouleversement des conditions d’existence". Rappelons que la cour de cassation avait reconnu le 11 mai 2010 que les travailleurs de l’amiante pouvaient bénéficier d’une indemnisation pour préjudice d’anxiété, mais avait refusé de leur reconnaître tout préjudice économique.



Le lien entre pesticides et maladie de Parkinson dans les tableaux de maladie professionnelle

Un décret, paru au Journal officiel du 6 mai 2012, reconnaît officiellement le lien entre pesticides et maladie de Parkinson. Ce lien, mis en évidence depuis plusieurs années par de nombreuses études américaines et européennes – l’exposition aux pesticides a des conséquences neurologiques avérées, dont la maladie de Parkinson – et la bataille d’exploitants agricoles, a fini par payer. De nombreuses associations, dont la Fédération des accidentés de la vie (Fnath) se réjouissent de cette avancée.
Depuis décembre dernier, les agriculteurs et employés – salariés ou non – de l’agriculture avaient le droit de demander la reconnaissance de leur maladie de Parkinson en maladie professionnelle. Avec l’instauration de ce tableau (le 58), les procédures seront sans doute plus simples.
Par ailleurs, ce même décret entérine la création du tableau 28 bis, relatif aux « affections cancéreuses provoquées par l’aldéhyde formique et ses polymères ». Pour tenir compte, dit le texte de décret, de l’évolution des connaissances scientifiques concernant le formaldéhyde. Connaissance, là aussi, qui date de plusieurs années. Et a mis du temps à se traduire concrètement.
 
12-05-2012



Un rapport de l’INSERM évoque La chlordécone comme un vrai facteur de risque du cancer de la prostate.

Le résultat d’une étude très attendue, vient d'être publié dans une revue : journal of clinical oncology. Les chercheurs sont formels : « l'exposition à la chlordécone est associée significativement à une augmentation du risque de survenue du cancer de la prostate. »
L'étude Karusprostate a été pensée en 2002, par l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM). La question centrale de l'étude est la suivante : « L’exposition au chlordécone augmente-elle la survenue du cancer de la prostate ? »
Aujourd’hui les analyses biologiques, statistiques, interprétations, vérifications et vérifications, ont été achevée. Et pour doser la quantité de chlordécone, les chercheurs ont fait appel à l'Université de Liège, en Belgique, qui a développé une méthode originale d'analyse.
Cependant, au passage, les enquêteurs ont cru nécessaire d’égratigner le Pr Belpomme, en fustigeant ses déclarations qui selon eux « ne correspondent pas au sens des responsabilités et à la rigueur dont doivent faire preuve les scientifiques lorsqu'ils s'expriment publiquement. »
Néanmoins, il faut tout de même souligner que c’est parce que le Prof. Belpomme a eu le courage de mettre en garde la population antillaise sur l'utilisation de la Chlordécone aux Antilles, et ce, malgré les pressions du lobbies béké de l’agriculture, que l'INSERM s’exprime aussi librement qu’il le fait aujourd’hui sur le sujet.
Il reste qu’il y a lieu de mettre en œuvre des initiatives concernant plus particulièrement la protection à l’exposition au poison, des ouvriers agricoles qui sont les premiers concernés. Là-dessus, les enquêteurs précisent : qu’il faudrait de véritables études de suivi de cette population pour mieux préciser le risque, en mettant en place une cohorte par exemple et en regardant de près les événements de santé de toute leur vie. »
Alors qu’attendent-ils pour se mettre au travail !



Une victoire pour les victimes de l’amiante (Lu dans Viva magazine)

Le 10 janvier, le conseil de prudhommes de Saint-Etienne a rendu son délibéré sur le cas des 23 ex-salariés de Garlock-France (ex-Cefilac) qui demandaient une compensation de leur perte de revenus du fait de leur départ anticipé en retraite amiante  : il a accordé 10 000 euros par plaignant au titre de la réparation du bouleversement des conditions de vie et 12 000 euros par personne au titre du préjudice d’anxiété.
En revanche, comme dans beaucoup d’autres jugements aujourd’hui, le conseil de prud’hommes stéphanois a débouté les salariés de leur demande de dédommagement au titre du préjudice économique.
«  Nous nous félicitons de ce jugement  », a déclaré à l’issue de l’audience Augustin Vinals, président du Comité amiante prévenir et réparer (Caper) de la Loire. Après une longue procédure, ce jugement est un soulagement pour tous les plaignants. Parmi eux, Charles Bellavia, ancien président de la Mutuelle générale Loire Sud (Mgls). Parti en 2001 en préretraite amiante, il se sent un peu plus serein : « Je comptabilise presque quarante ans d’exposition à l’amiante.  » Une épée de Damoclès, pour lui comme pour tous les salariés exposés.
Gilbert Lesage, soixante-quatre ans, compte également de nombreuses années dans l’entreprise. Pour l’instant, il n’a pas encore fait de demande de suivi postprofessionnel. Des salariés de la Soma, autre entreprise du département, étaient venus soutenir leurs collègues. Eux aussi ont adhéré au Caper 42, qui croule sous les demandes, au dire de son président. Ils sont plus de 160 à préparer leur dossier avec l’aide de l’association. Pour les mêmes motifs.
Parmi eux, Daoud Bendahri, soixante-douze ans : «  On montait des ponts pour des camions, les boîtes de vitesses. Dans les embrayages, il y avait de l’amiante. On ne savait pas que c’était dangereux. Nous n’avions pas de protections. Ce que les patrons ont fait, ce n’est pas bien. Il faut qu’ils soient condamnés.  »
Que les responsables paient, c’est ce que réclament tous ces salariés de la Loire, meurtris dans leur chair, comme beaucoup d’autres. «  Nous nous attendons à ce que Garlock fasse appel de ce jugement, dira encore Augustin Vinals. Nous verrons avec notre avocat, Me François Lafforgue, comment nous y préparer.  »
Il est toutefois optimiste pour la suite. Comme il se dit «  content  » d’apprendre – la nouvelle est tombée la veille, Ndlr – que quatre membres du Comité permanent amiante (Cpa) aient été mis en examen dans le cadre de la procédure au pénal. «  Nous attendons aussi un procès et que ces gens soient condamnés, car ils se sont servis de la science pour mentir. Pendant ce temps, des salariés mouraient.  »

11-02-2012
 



Les pesticides, facteurs de tumeurs chez les agriculteurs

Selon l'Agence nationale de sécurité sanitaire, il existe un lien dans les deux tiers des cas

   Deux tiers des tumeurs chez les agriculteurs sont associées à une exposition professionnelle aux pesticides, selon un rapport de l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses). Réalisé chaque année à partir des données recueillies par le Réseau national de vigilance et de prévention des pathologies professionnelles, qui compte 32 centres en France, le document précise que les tumeurs représentent 12 % des pathologies en relation avec le travail dans le secteur " Agriculture, pêche et sylviculture ".

Il constate aussi une multiplication par trois de la part de ces tumeurs dans les pathologies signalées entre 2001 et 2009. L'Anses pointe une " surnotification " des tumeurs chez les agriculteurs.

L'association Générations futures, qui dénonce les dangers des pesticides, des produits chimiques et des organismes génétiquement modifiés, a estimé, vendredi 7 octobre, que le rapport de l'Anses corroborait ses accusations.

" Risques sanitaires accrus "

," Ces données ne font que confirmer les éléments que nous collectons depuis des années sur ces risques sanitaires accrus liés à l'exposition aux pesticides, estime François Veillerette, son porte-parole. Il est maintenant plus que temps de prendre des mesures de réduction de l'usage des pesticides et de bannir tous ceux suspectés d'être cancérigènes. "

Une autre enquête, baptisée Agrican et présentée à la mi-septembre par la Mutualité sociale agricole (MSA), fait également état, mais moins catégoriquement, de risques liés aux pesticides. Lancée en 2005 et menée sur 180 000 personnes dans douze départements agricoles, elle relève une " légère surmortalité " observée pour les mélanomes de la peau, qui pourrait s'expliquer par le travail en plein air. " Les facteurs de risque (pesticides, exposition à l'ensoleillement) expliquent très certainement cette légère surmortalité ", pointe la MSA, dont l'enquête conclut que, globalement, les hommes et les femmes du monde agricole risquent moins que les autres de mourir d'un cancer.

Tous secteurs professionnels confondus, les tumeurs représentent 7,6 % des pathologies en relation avec le travail. Plus présentes chez les hommes, elles sont aussi plus fréquentes dans les industries manufacturières (40 % des signalements) et la construction (20 %). L'exposition à l'amiante reste l'une des causes principales.

Selon l'Anses, les tumeurs arrivent en cinquième position dans le classement des pathologies professionnelles, derrière les pathologies respiratoires (24 %), les troubles mentaux et du comportement (22 %), les pathologies cutanées (17 %) et les maladies ostéo-articulaires (16 %).

Rémi Barroux
© Le Monde 09/10/11



Des salariés de l'agroalimentaire gravement intoxiqués suite à des expositions massives à des pesticides ont décidé de porter plainte en justice. Une action soutenue par l'union syndicale Solidaires et des associations écologistes.

« Un territoire, des hommes, la vie ! »… Plusieurs tribunaux risquent de contredire l'enthousiaste slogan du groupe agroalimentaire breton Triskalia, fusion de trois coopératives agricoles. L'une de ses filiales, Nutréa, est désormais soumise à un calendrier judiciaire chargé. Elle est la cible d'une plainte pour atteinte à l'intégrité physique et utilisation de produits interdits. Elle affrontera devant le tribunal des affaires de Sécurité sociale (Tass) une action visant à faire reconnaître la « faute inexcusable de l'employeur ». Enfin, elle devra comparaître aux prud'hommes suite à une procédure pour licenciements abusifs. L'ensemble de ces actions, menées par plusieurs salariés, sont soutenues par l'union syndicale Solidaires et trois associations écologistes ou citoyennes (Générations futures, Phyto-victimes et Attac).
Tout commence en 2009, près de Saint-Brieuc (Côtes-d'Armor). Un silo contenant 20 000 tonnes de blés, destinés à l'alimentation animale, est infesté de charançons et autres insectes. L'entreprise avait, semble-t-il, coupé la ventilation nocturne du silo pour réaliser des économies. Résultat : les salariés doivent, plusieurs semaines durant, asperger les céréales d'insecticides. Certains sont ensuite victimes de maux de tête, de douleurs, de problèmes respiratoires, voire de saignements, de brûlures au visage ou au cuir chevelu, et de vomissements. Les arrêts de travail se multiplient.
Un produit cancérigène et neurotoxique interdit
Les salariés découvrent que, lors de plusieurs fumigations, l'un des produits phytosanitaires utilisés était du Nuvan Total : un pesticide cancérigène et neurotoxique totalement interdit à l'utilisation depuis 2007. D'autre part, il semble que le dosage des insecticides n'a pas du tout été respecté : la pompe était réglée sur un débit de 48 % au lieu de 10 %. Selon un salarié, les analyses auxquelles a procédé l'entreprise montrent que les doses présentes sur les céréales sont sept fois supérieures au seuil autorisé. Enfin, le délai avant que le personnel puisse de nouveau pénétrer dans le silo - au moins 48 heures après traitement - a été ignoré.
Des accidents du travail sont déclarés. Et le médecin du travail confirme l'existence de pathologies chez 18 des 70 employés du site. Une plainte est alors déposée pour atteinte à l'intégrité physique et utilisation de produits interditspar deux salariés, Laurent Guillou et Stéphane Rouxel, auprès du parquet de Guingamp. Mais celui-ci décide de la classer sans suite. Les négociations avec la direction s'éternisent, puis sont rompues en mai 2011… Juste avant le licenciement des deux plaignants pour inaptitude. Entretemps, à la faveur de la réforme de la carte judiciaire, le parquet de Saint-Brieuc a hérité de la plainte et décidé de rouvrir l'enquête préliminaire. « La direction ne conteste pas l'origine des contaminations. Mais elle évoque une simple erreur », explique François Lafforgue, l'avocat des salariés, qui demande notamment des « investigations supplémentaires sur les conditions dans lesquelles le produit interdit a été retiré des locaux » suite à son utilisation. Tous attendent désormais la décision du parquet.
Si la plainte aboutit, Nutréa risque une amende et ses dirigeants une peine d'emprisonnement. Une sanction qui pourrait également concerner l'état-major du groupe Triskalia. La reconnaissance d'une « faute inexcusable de l'employeur » par le Tass améliorera l'indemnisation des victimes au titre des accidents du travail. Enfin, si les licenciements sont jugés abusifs par les prud'hommes, les deux salariés pourront être là aussi indemnisés en conséquence. « Une certaine omerta règne sur les dossiers liés à l'utilisation des produits phytosanitaires », confie François Lafforgue. Chez les salariés de l'agroalimentaire, comme chez les agriculteurs, les langues commencent à se délier.
 



Agriculture: Vers un nouveau scandale de type chloredécone.

On se souvient du scandale chlordécone en Martinique qui, à ce jour n’a donné aucune condamnation des responsables de la pollution de nos terres agricole et de l’empoisonnement de nombreux ouvriers agricoles. Dès 1976 le chordécone, pesticide commercialisé sous divers noms dans le monde entier, était interdit aux Etats Unis du fait de son extrême toxicité pour l’homme. Certains chercheurs s’étonnaient du nombre important de cancer de la prostate chez ceux qui utilisaient les pesticides fabriqués avec cette molécule.
Pourtant, 20 ans plus tard,  le chlordécone  était toujours utilisé chez nous avec l’appui de certains élus qui répondaient aux injonctions des «pwofitè volè». Pour eux il fallait sauver la production de bananes, même au prix de la santé des hommes.  Aujourd’hui, des ouvriers sont morts ou malades et plusieurs milliers d’hectares de terres agricoles sont pollués.
 
Le problème resurgit avec les agissements des « pwofitè volè » rapportés par ceux qui travaillent dans les plantations. Ils pratiquent l’épandage de produits dont ils ignorent la composition. Ils n’obtiennent pas les fiches techniques qu’ils utilisent. Le plus souvent, il ne s’agit pas de produits commercialisés sur le marché mais de compositions sur place à partir de différentes molécules. Les techniques d’épandage sont elles aussi mise en cause. Quand l’ouvrier est assis dans un tracteur sans cabine ou sans fermeture, il reçoit les produits d’épandage renvoyés par le vent.  L’épandage aérien contesté par les écologistes atteint non seulement les ouvriers qui travaillent dans les champs mais aussi la population avoisinante.
 
Cela fait plus de 50 ans que le problème est soulevé avec parfois des incidents provoqués par la population exaspérée. Certains ouvriers agricoles sortent des champs imbibés d’un liquide huileux. Ils se plaignent de problèmes de peau et de problèmes respiratoires. Dans les hangars, certains produits de décontamination provoquent des irritations des voies respiratoires.
 
Face à cela, nous ne voyons pas de réaction des autorités. Sont en cause, les services de médecine du travail qui constatent le problème, les services de prévention des maladies professionnelles, certains services de l’Etat. On entend rarement les élus sur ce problème. Plusieurs questions se posent :
 
-          Comment des produits interdits  peuvent-ils encore circuler librement en Martinique ?  Nous attendons une réponse de la douane.
-          Comment ces produits peuvent-ils être utilisés dans l’agriculture chez nous ?  La réponse peut venir de la DAF.
-          La médecine du travail a-t’elle conscience du phénomène ?
-          Sur les techniques d’épandage des produits, nous souhaitons la réponse du service prévention de la sécurité sociale et surtout son contrôle.
 
Sur le chlordécone, le professeur Belpomme, cancérologue réputé avait porté une accusation directe en faisant la relation entre le nombre de cancers de la prostate et l’utilisation de ce produit.  Suite à des pressions, il était revenu quelque peu sur ses déclarations. Il n’empêche que le problème demeure.  A la CGTM, nous sommes conscients que la santé des ouvriers passe avant les profits des « pwofitè volè » Nous sommes disposés à recevoir toutes les informations sur ce problème, à les réunir et à en faire bon usage pour combler la défaillance des services de protection des travailleurs.
 
 
 
 



Des salariés de l'agroalimentaire gravement intoxiqués suite à des expositions massives à des pesticides ont décidé de porter plainte en justice. Une action soutenue par l'union syndicale Solidaires et des associations écologistes.

« Un territoire, des hommes, la vie ! »… Plusieurs tribunaux risquent de contredire l'enthousiaste slogan du groupe agroalimentaire breton Triskalia, fusion de trois coopératives agricoles. L'une de ses filiales, Nutréa, est désormais soumise à un calendrier judiciaire chargé. Elle est la cible d'une plainte pour atteinte à l'intégrité physique et utilisation de produits interdits...Lire la suite 


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