Login   
Actualités 
Accueil-textes 2020
Accueil-textes 2019
Accueil-textes 11
Accueil-textes-10
Accueil-textes-9
Accueil-textes-8
Accueil-textes-7
Accueil-textes-6
Accueil-textes-5
Accueil-textes-4
Document de l'accueil 3
Document de l'accueil 2
Document de l'accueil 1
Editoriaux archivés
Actualités

Accueil-textes 2020




Communiqué de la CGT Commerces et Services

A lire le document suivant :

Quand le profit passe avant la vie
Taille : 513 ko - Dernières modifications : 23/03/2020
 


Le centrisme totalitaire.

Le totalitarisme est un mode de fonctionnement antidémocratique de l’Etat dans lequel celui-ci prétend gérer, outre la vie publique, l’ensemble des relations sociales, y compris privées. C‘est une forme de despotisme qui bâillonne toute opposition en confisquant les moyens régaliens dont il dispose, finance, police, justice pour réaliser ses objectifs. On a tendance à placer le totalitarisme dans les gouvernances extrémistes de droite ou de gauche en présentant le centrisme politique  comme épuré de toute velléité totalitaire. Notre propos ici est de démontrer le contraire au regard de la vie politique actuelle de la France.
Il convient d’abord de clarifier les notions de gauche et de droite par des repère historiques puis de poser le regard sur ce qui se passe actuellement dans la France gouvernée par un parti qui se dit novateur en reniant ces notions, ce qui à notre avis le placerait plut au centre de l’échiquier politique. L’article de Natacha POLONY paru dans Marianne du 8 au 14 février 2019 est très évocateur sur « le vrai visage du centrisme totalitaire ».
 
La notion politique de droite et de gauche apparaît lors de la révolution française de 1789. Le vendredi 28 août 1789, l’Assemblée constituante doit se prononcer sur la question d’accorder ou non le droit de véto au roi Louis XVI pour bloquer les lois qui seraient proposées. Ceux qui étaient pour, devaient se placer à droite du Président de l’Assemblée et ceux qui étaient contre, à gauche. Les partisans de l’ancien régime se placèrent à droite et les révolutionnaires à gauche. Dès lors, naquit la notion de droite politique  liée au conservatisme et celle de gauche liée à la révolution. Ces notions acquirent une universalité en s’étendant dans l’Europe du 19ième siècle et plus tard en Amérique latine. Bien plus tard apparut la notion de centre qui exprime faussement,  une idée d’équilibre, un libéralisme économique et social.
 
Un article du New York times du 23 mai 2018 apporte un démenti flagrant à cette idée. L’auteur, David Adler, chercheur en sciences politique démontre que « Ce sont les centristes qui sont les plus hostiles à la démocratie, pas les extrêmes ». A partir des études réalisées, il démontre que les gens s’identifiant comme centristes sont beaucoup plus méfiant envers les « élections libres et équitables » que ceux qui se positionnent à l’extrême droite ou à l’extrême gauche. Leur soutien aux droits civils est nettement moins marqué et ils sont plus nombreux à souhaiter un chef fort.
 
Ainsi, par l’utilisation de techniques de communication avec un relai de la presse sous toutes ses formes, l’élection d’Emanuel Macron en 2017 a été présentée comme « un sauvetage de la démocratie face aux menaces des populistes de tous bords » Quelques mois plus tard, lors du mouvement des gilets jaunes, ce gouvernement « centriste » déroule sa panoplie de lois liberticides restreignant pour l’ensemble des citoyens, la possibilité même de manifester, laissant à la puissance administrative le soin de décider si la personne visée « constitue une menace d’une particulière gravité pour l’ordre public ».  Dans une véritable démocratie, cette décision revient à la justice pénale dans le respect d’une procédure codifiée.
 
La « crise » des gilets jaunes, qui n’en était pas une, mettait-elle en péril l’équilibre politique de la nation ? Justifiait-elle  l’utilisation par la police, contre les manifestants, d’armes à l’origine de nombreuses victimes, blessées, éborgnées et même tuées ? Ces armes sont prohibées ailleurs en Europe, pour le maintien de l’ordre.  
 
Selon Natacha POLINY qui s’insurge contre le centrisme totalitaire,  quand un candidat « raisonnable » propose de luter contre les « prurits populistes », quels qu’ils soient, tous les moyens sont bons ; Pourquoi ?  Parce qu’il ne s’agit nullement de défendre la démocratie mais de défendre un système économico-politique considéré comme le meilleur pour garantir la stabilité et la prospérité. Quitte à le défendre contre l’ignorance coupable des peuples qui persistent à ne voir que le chômage de masse et leurs fins de mois difficiles  au lieu de s’extasier sur le progrès garanti par l’avènement du grand marché global. Emmanuel Macron ne gouverne pas pour le peuple français mais pour la préservation de ce système, au besoin contre une large partie du peuple. « L’autoritarisme d’Emmanuel Macron, qui semble surprendre certains observateurs, est la traduction décomplexée de cette certitude absolue, chez les néolibéraux, de détenir une vérité plus importante à préserver que la démocratie ».
 
Force est de constater que la troisième voie prônée par les adversaires du clivage gauche/droite dont se prévaut Emmanuel Macron   n’est rien d’autre qu’une  autre voie totalitaire engendrée par le néolibéralisme voire l’ultralibéralisme bâti à partir d’un dogme économique qui ne peut profiter qu’aux riches. Totalitaire parce que l’opposition est muselée dans ces propositions qui n’émergent pas face à des députés « majoritaires »  soumis au chef. Ceux-là tiennent leur majorité d’un système électoral qui ne respecte pas la proportionnalité.   Totalitaire parce que des mesures sont prise à l’encontre de la majorité populaire révélée par les études d’opinions. Totalitaire parce qu’il évite toute consultation directe du peuple par la voie référendaire.  Totalitaire parce que la justice est mobilisée pour maintenir le système.  Totalitaire parce que la police est encouragée dans ses exactions par la quasi absence de sanctions de ses violences gratuites.
 
Alors la perfidie ultralibérale totalitaire peut s’exercer dans sa plénitude :
 
-          Poursuite de la dérégulation des marchés
-          Baisse singulière de la protection des salariés
-          Financiarisation de nombreux domaines de l’action humaine
-          Paupérisation des travailleurs par le système du low cost  dans le cadre d’une concurrence exacerbée
-          Volonté acharnée de baisser les pensions de retraite
 
Ainsi, la politique macroniste qui prétend détenir la vérité absolue sur le bien-être populaire que devraient engendrer ses réformes envers et contre l’ensemble de la population laborieuse n’est rien d’autre que la face émergeante du centrisme totalitaire.

le 02-03-2020

 



Le 49-3, un appel à continuer la lutte pour une autre réforme.

Au moment où nous publions, le gouvernement vient d’utiliser l’article 49-3 de la constitution française pour faire passer son projet de loi sur la retraite. Celui-ci  suscite des débats dans le monde politique et dans les médias.
 
Cet article 49-3 stipule que : «Le premier ministre peut, après délibération du conseil des ministres, engager la responsabilité du gouvernement devant l’Assemblée nationale sur le vote d’un projet de loi de finances ou de financement de la Sécurité sociale. Dans ce cas, ce projet est considéré comme adopté, sauf si une motion de censure, déposée dans les vingt-quatre heures qui suivent, est votée dans les conditions prévues à l’alinéa précédent. Le premier ministre peut, en outre, recourir à cette procédure pour un autre projet ou une proposition par session. » Cet article permet  au conseil des ministres, donc à « l’exécutif », de décider seul de l’adoption d’une loi, sans passer par le parlement. Or, l’élaboration des lois est une prérogative du parlement dans le cadre de la séparation des pouvoirs. Deux motions de censure ont été déposées par les oppositions mais elles n’on aucune chance d’aboutir.
 
Il convient de rappeler brièvement l’organisation politique de l’Etat français, de faire un historique de l’utilisation de cet article, avant de rappeler les enjeux dans le cadre du projet de loi sur les retraites.
 
La France est un Etat-nation doté d’un Président, un gouvernement et d’un parlement. L’organisation démocratique repose sur la séparation des trois pouvoirs fondamentaux que sont celui d’élaborer les lois, pouvoir législatif, celui de les mettre à exécution, pouvoir exécutif et celui de juger à partir de ces lois, pouvoir judiciaire. Selon Montesquieu, philosophe français du 18ème siècle, si une seule entité concentre ces trois pouvoirs, il n’y a plus de démocratie.
Le Président de la République est le Chef de l’Etat. Il est élu pour 5 ans au suffrage universel direct uninominal, majoritaire à 2 tours. Il veille au respect de la constitution et assure, par son arbitrage, le fonctionnement régulier des pouvoirs publics ainsi que la continuité de l’Etat. Il nomme le 1er ministre et les autres ministres présentés par le 1er ministre. Il signe et promulgue les textes de loi, nomme les hauts fonctionnaires civils et militaires, préside le Conseil des ministres dont les réunions ont lieu généralement les mercredis. Il habite le Palais de l’Élysée.  
Le gouvernement conduit la politique de la nation. Il est constitué du 1er ministre qui est le chef du gouvernement, des ministres et secrétaires d’Etat nommés par le Président de la République sur proposition du 1er ministre. Le gouvernement exerce le pouvoir exécutif. Le Premier ministre siège à l’Hôtel Matignon.
Le Parlement exerce le pouvoir législatif. Il est constitué de deux chambres, l’Assemblée nationale et le Sénat. L’Assemblée nationale se compose actuellement de 577 députés  élus pour 5 ans au suffrage universel direct uninominal à 2 tours. Les députés siègent au Palais Bourbon à Paris. Le Sénat est composé actuellement de 348 sénateurs. Les sénateurs sont élus pour 6 ans au suffrage universel indirect. Ce sont les grands électeurs au nombre de 72000 (Maires, certains adjoints, Conseillers généraux, Conseillers régionaux, Députés, Sénateurs…)  qui élisent les sénateurs. Les sénateurs siègent au Palais du Luxembourg à Paris.
L’article 49-3 de la constitution change complètement la donne. Dans ce cadre, c’est le gouvernement qui a préparé le projet de loi, c’est lui qui en a établi les contours et par l’usage du 49-3, il met fin à toute discussion, toute possibilité d’amendement. En fait, il adopte lui-même son texte et le met ensuite en exécution en utilisant le pouvoir réglementaire dont il dispose. Le parlement est écarté de l’élaboration et de l’adoption du texte
Certes, le gouvernement engage sa responsabilité c’est à dire qu’il peut être renversé si une motion de censure présentée dans les 24 heures par 1/10ème  des députés(58) est adoptée par un vote à la majorité simple des députés.  Dans l’histoire de la cinquième république, l’article 49-3 a été utilisé 87 fois mais à ce jour aucune motion de censure n’a atteint le vote majoritaire permettant son adoption. En effet, les motions de censures présentées à cette occasion  n’ont pas prospéré.
 
Quelle analyse pouvons-nous faire de cette actualité ? La démocratie a-t’elle sa place dans ce scénario ?
 
Au terme de la  constitution de 1958,  le président de la République est présenté comme un arbitre entre les différentes institutions pour assurer, le fonctionnement régulier des pouvoirs publics ainsi que la continuité de l’Etat. Or, Emmanuel Macron agit dans le contexte d’un projet de loi très controversé comme un arbitre bien partisan. Sorti victorieux d’une élection par défaut au cours de laquelle 18% des électeurs inscrits se sont prononcés en sa faveur, il prétend détenir la vérité absolue concernant la mise en œuvre d’un projet qui fera le bonheur du peuple. Cependant, le peuple, dans sa grande majorité n’y voit que du malheur. Il marque son refus par de nombreuses manifestations, des travailleurs salariés aux professions libérales. L’hôpital tourne au ralenti, les écoles se ferment, les tribunaux reportent les audiences. Rien à faire, pour Emmanuel Macron, sa réforme doit passer envers et contre tous.
 
Le texte de la réforme lui-même est mis à mal par le Conseil d’Etat. Il présente de nombreuses incertitudes, de nombreuses interrogations sur le financement des mesures à mettre en œuvre. Plusieurs articles seront complétés par ordonnances. L’ordonnance est un autre moyen de légiférer sans le parlement mais peut-être plus restrictif que le 49-3. Par un jeu politique autorisé par la constitution, le gouvernement veut absolument faire passer son projet qui atteindra défavorablement plusieurs générations.
 
Quant au financement, pour Emmanuel Macron, pas question de faire payer le patronat. Il faut simplement équilibrer par le bas, rogner sur ceux qui, par leurs luttes, ont obtenu une pension au-delà du seuil de pauvreté, taxer les mutuelles, mettre la main dans les caisses autonomes, augmenter l’âge auquel on peut prétendre à une retraite,  calculer la pension sur toute la carrière et surtout faire croire qu’on a tout à gagner par ce système.  Il n’y a pas si longtemps que nous avions obtenu la retraite à 60 ans mais comme disait Aragon, « Rien n’est jamais acquis à l’homme… » Nous devons toujours nous battre pour obtenir un mieux travailler, mieux vivre et conserver nos acquis.
 
L’utilisation du 49-3 pour un projet qui requiert le ressentiment de toute une population n’est rien d’autre qu’un déni de démocratie contre lequel nous devons continuer la lutte. Sans aucun doute, le texte subira la censure du Conseil constitutionnel. Les lois qui devront suivent concernant le financement ne pourront faire l’objet dans l’immédiat d’un 49-3 puisque celui-ci ne peut être actionné qu’une fois par session.  L’édifice s’ébranle mais c’est la rue qui lui donnera le coup de grâce.
 
Poursuivons la mobilisation.

le 02-03-2020



Les actions collectives animées par la CGT ont permis la condamnation prud’homale de la discrimination raciale systémique
(Lu dans Chronique Ouvrière)

 (…) Chaque groupe est ainsi prédestiné à certaines tâches et cela, non en fonction de ses compétences réelles, mais semble-t-il uniquement en fonction de son origine qui lui attribue une compétence supposée, l’empêchant ainsi de pouvoir occuper un autre positionnement au sein de ce système organisé de domination raciste. L’analyse de ce système pyramidal au sein du chantier (…) permet de caractériser l’existence d’un système de discrimination systémique en termes de rémunération, d’affectation, d’évolution professionnelle à l’égard de ces 25 travailleurs maliens en situation irrégulière employés par la société (…), cantonnés aux métiers les plus pénibles de manœuvres et aux taches les plus ingrates ; (…) Le contexte de discrimination systémique en lien avec l’origine décrit ci-dessus, auquel est venu s’ajouter en l’espèce le fait que les salariés se trouvaient en situation irrégulière au regard du droit au séjour et au travail, a conduit l’employeur à violer délibérément ses obligations, niant aux travailleurs concernés l’ensemble de leurs droits légaux et conventionnels ; (…). Il convient d’octroyer au demandeur des dommages-intérets pour discrimination raciale et systémique que le Conseil estime devoir fixer à 12 mois de salaire.

 CPH Paris, 17 décembre 2019, n°17/10051


Une première en France

Le 17 décembre 2019, le Conseil des Prud’hommes a reconnu pour la première fois en France la notion de discrimination raciale systémique suite à la saisine de 25 travailleurs privés de titres de séjour victimes de travail dissimulé, de conditions de travail indignes sur le chantier du 46 Avenue de Breteuil (75007 Paris) en septembre 2016 accompagnés par notre organisation syndicale, la CGT, partie intervenante au dossier.

La notion de discrimination systémique ne figure pas dans le droit français.

Un rapport remis en 2013 au Ministère de la justice la définit comme « une discrimination qui relève d’un système, c’est à dire d’un ordre établi provenant de pratiques volontaires ou non, neutres en apparence, mais qui donne lieu à des écarts de rémunération ou d’évolution de carrière entre une catégorie de personnes et une autre. Cette discrimination systémique conjugue quatre facteurs : les stéréotypes et préjugés sociaux ; la ségrégation professionnelle dans la répartition des emplois entre catégories ; la sous-évaluation de certains emplois ; la recherche de rentabilité économique à court terme » (Laurence Pécaut-Rivolier « Lutter contre les discriminations au travail : un défi collectif » 2013).

Ce jugement du CPH de Paris fait pour la première fois application de ce concept, dans le secteur du BTP.

En septembre 2016, ces 25 travailleurs tous maliens et dépourvus de titres de séjour nous saisissent, la CGT, suite au grave accident de travail de l’un des leurs sur le chantier de l’ancien siège de Michelin situé dans le très chic 7e arrondissement au 46 Avenue de Breteuil.

Tous non déclarés, ils interviennent pour la société de sous-traitance MT Bat Immeubles sur l’opération de curage du bâtiment. Il s’agit d’une des phases les plus pénibles et des plus dangereuses des travaux de réhabilitation, consistant à la démolition partielle d’un bâtiment par le retrait de structures et matériaux spécifiques notamment le béton détérioré ou contaminé par l’amiante.

 En septembre, dans un contexte de violations massives des règles de sécurité, deux accidents se produisent. Un salarié se blesse à l’oeil, un autre se fracture le bras lors d’une chute d’un échafaudage non sécurisé et tombe inconscient au sol.

L’employeur refuse d’appeler les secours préférant « privilégier l’état d’avancement des travaux à la sauvegarde de l’intégrité corporelle et de la vie des salariés, ceux-ci étant appréhendés comme de simples composants remplaçables. » (Jugement CPH – page 15) et demandent aux travailleurs de ne plus revenir sur le chantier quand ils prennent l’initiative d’appeler eux-mêmes les pompiers.

S’en suit une grève de deux mois des 25 travailleurs maliens avec occupation partielle du chantier soutenue par les différentes organisations de la CGT (Union Locale CGT du 7e, Union Départementale 75, Fédération Construction, Fédération Banques et assurances, Confédération).

 Cette action syndicale aboutit à la signature d’un accord avec le maître d’ouvrage du Chantier, Covéa Immobilier (regroupement de la GMF, MMA et la MAF) et le donneur d’ordre Capron.

Cette transaction entre les différentes parties et l’Etat (Préfecture et Direccte) débouche sur la réembauche des salariés par le donneur d’ordre et la régularisation de la situation administrative des salariés par la Préfecture de Police de Paris avec, pour la première fois, la prise en compte de constats de l’Inspection du travail comme preuves de la relation de travail.

Alertée lors de l’accident du travail, l’inspection du travail enquête et dresse un procès-verbal de plus de 300 pages dans lequel sont constatées les multiples violations du droit du travail, et la soumission à des conditions de travail contraires à la dignité humaine.

Une fois l’avenir professionnel et administratif garanti pour les travailleurs par la transaction, il nous appartient de travailler collectivement avec nos avocates Aline Chanu et Camille Berlan à la stratégie syndicale et juridique pour réparer le passé.

Lors du conflit social, revient sans cesse dans la parole des salariés, cette sensation violente d’avoir été méprisés, déshumanisés, considérés comme « des entités interchangeables et négligeables », de la « chair à chantier » et donc d’avoir été discriminés.

Des passages du procès-verbal de l’inspection du travail issus des auditions des employeurs confortent violemment cette perception d’une force de travail, anonymisée, objetisée, « les Mamadou », ceux dont on ne connaît pas l’identité, ceux dont la santé, la sécurité ne nous importent pas.
Les prud’hommes deviennent donc cette arme du Droit pour retrouver la dignité.
Nous décidons alors de saisir le Défenseur des Droits sur ces enjeux et le sociologue Nicolas Jounin, sociologue, spécialiste de cette hiérarchisation et ethnicisation des taches dans le BTP.

C’est le travail collectif de longue haleine avec les salariés, les services de l’inspection du travail, le Défenseur des Droits, nos avocates et le sociologue Nicolas Jounin qui nous permettent d’étayer et bâtir notre raisonnement juridique.

Stratégie syndicale : Lutter, revendiquer, proposer, négocier, réparer, créer du Droit.

Le jugement obtenu aux prud’hommes de Paris parvient à « écrire du droit » dans la continuité de l’action syndicale collective portée par la CGT depuis 2008 pour défendre les droits des travailleurs les plus précaires, les travailleurs sans-papiers, et gagner des droits effectifs.

Le conflit social de Breteuil dépeint une situation qui n’a malheureusement rien d’original, situation de discrimination que nous mettons en lumière syndicalement depuis plus de 10 ans.
Cependant, il possède tous les ingrédients nécessaires empiriques, mathématiques pour faire la démonstration de cette discrimination raciale systémique.

L’arme de la grève reconductible, l’action syndicale coordonnée entre organisations de la CGT, la médiatisation, le rapport de forces aboutissent à la signature d’un accord mais permettent aussi d’aller plus loin : créer du Droit.
Ce précédent permettra de défendre des situations similaires dans le BTP mais aussi dans d’autres secteurs d’activité tels que le traitement des déchets, la restauration, le nettoyage,...

Au-delà de la régularisation administrative, il pose plus loin la question de la réparation et fait écho à la reconnaissance de la Traite des êtres humains dans le milieu du travail obtenu en février 2018 au tribunal correctionnel de Paris pour les coiffeuses du 57 bd de Strasbourg (château d’eau, paris 10e).

Ces premiers jugements qui font date illustrent juridiquement les réalités que nous mettons en lumière depuis des années et la situation de vulnérabilité des travailleurs privés de droits parce que sans titres de séjour.

Ils appartiennent à la construction de notre stratégie syndicale : lutter, revendiquer, proposer, négocier, gagner des droits effectifs, réparer, créer de la jurisprudence.

Le Droit se situe alors comme un aboutissement, une continuité, une des concrétisations de l’action collective, du syndicalisme.

La CGT par ces actions, ces jugements, en mobilisant différents moyens, interpellent l’Etat de Droit sur les moyens de garantir l’égalité de traitement dans les entreprises et l’application même des principes constitutionnels.

Cela passe par le fait d’avoir des droits, le droit de pouvoir revendiquer et donc par conséquent le droit au séjour et au travail.

Car un Etat de Droit se doit de protéger l’ensemble des travailleurs sur son territoire et ce dans l’intérêt de chacun.

Il faut donc repenser les politiques migratoires, régulariser, légaliser la migration pour garantir l’application des textes constitutionnels et l’ordre public social.

Le 17-02-2020



Déclaration de la CGTM face aux manœuvres du groupe Ho-Hio-Hen

Depuis plusieurs mois, le groupe HO HIO HEN de la grande distribution alimentaire connaît de sérieuses difficultés liées à des erreurs de gestion de ses dirigeants. La poursuite des activités avec les mêmes gérants est compromise et dans l’attente d’une solution de reprise, les magasins du groupe fonctionnent au ralenti. Les salariés sont à leur poste mais les salaires sont versés avec retard. Les salariés de Géant batelière n’ont reçu qu’une partie de leur salaire du mois de janvier et ils se mobilisent pour obtenir la totalité de leur rétribution.

Nous disons à la CGTM que les salariés ne sont aucunement responsables de cette situation et ils ont raison de se mobiliser pour obtenir la contrepartie de leur travail.

Nous demandons à la direction du groupe HO HIO HEN de fournir aux salariés toutes les informations permettant de connaître la situation précise du groupe et les solutions qu’elle envisage pour sortir de cette situation d’incertitude.

Nous mettons en garde les salariés contre les tentatives de division qui ne peuvent servir que la direction et nous les appelons à faire une analyse objective de la situation à partir des informations qui devront leur être fournies La CGTM, présente dans l’entreprise par ses délégués, prendra les dispositions nécessaires, en concertation avec eux afin de préserver les intérêts de ses mandants et de l’ensemble des salariés du magasin.

le 17-02-2020

Déclaration de la CGTM face aux manœuvres du groupe Ho-Hio-Hen
Taille : 111 ko - Dernières modifications : 18/02/2020
 


A Lyon aussi, 30 chefs de service hospitaliers démissionnent
(Lu dans Viva)

Les membres du Collectif Inter Hôpitaux du CHU de Lyon ont décidé de remettre leurs démissions de leurs fonctions administratives (chefferie de service, responsable de commission…) à la Directrice Générale des Hospices Civils de Lyon et au Président de la Commission Médicale d’Etablissement.
 
Cette décision s’inscrit dans le cadre d’un mouvement national comportant plus de 1000 signataires. « Par cette démarche sans précédent, nous voulons saisir nos concitoyens, notre Gouvernance et plus encore le Gouvernement vis-à-vis des contraintes budgétaires et organisationnelles qui pèsent sur l’Hôpital public. Avec le Collectif Inter Hôpitaux, nous demandons un plan d’envergure urgent avec un volet national et un volet régional».

Selon les démissionnaires, le plan régional confié aux ARS devrait porter notamment sur la coordination entre l’hôpital et la médecine extrahospitalière pour répondre aux besoins de santé dans les territoires sur l’évaluation des embauches de personnels nécessaires et sur la réduction des disparités de revenus entre les professionnels libéraux et hospitaliers à qualification et activité comparables.

Ils demandent une revalorisation significative des salaires des paramédicaux, en plus des diverses primes annoncées, un ONDAM 2020 n’imposant pas de nouvelles économies aux hôpitaux. «Pour ce faire, il manque 600 millions, en plus des 200 millions prévus par le nouveau plan hôpital du gouvernement (en effet sur les 300 millions annoncés, 100 millions sont attribués aux EPHAD qui en ont bien besoin)». Ils réclament également une révision profonde du mode de financement afin de «permettre d’appliquer la règle du juste soin pour le patient, au moindre coût pour la collectivité, d’inciter à la pertinence des prescriptions et des actes au lieu de rechercher à développer les activités rentables pour l’établissement, de donner un sens à une co-gestion effective médico-administrative disposant d’une réelle autonomie grâce à une rénovation de la gouvernance impliquant médecins et gestionnaires, personnels et usagers».

Mais par cette démission collective de leurs fonctions administratives, les chefs de service hospitaliers souhaitent interpeller l’opinion publique ainsi que Mme la ministre Mme BUZYN sur l’urgence d’un « Grenelle de l’hôpital public ».
 



France Antilles liquidé, c’est 235 employés licenciés

Le tribunal de commerce de Fort-de-France a prononcé son verdict de classe, c’est ni plus ni moins 235 salariés qui sont mis à la porte du journal qui disparait. Chacun aura déjà oublié les promesses de Macron, qui lors de ses vœux de la mi-janvier, avait évoqué que "des mesures spécifiques" seraient prises pour aider la presse en Outre-mer.

Tous les salariés, journalistes, photographies, administratifs, noyés dans le désespoir de la situation, restaient sans voix, sans doute s’attendaient-ils à un revirement de dernière heure qui ne s’est bien entendu pas produit.

Il faut dire, qu’ils avaient mis le bleu de chauffe pour tenter, par leur action, de participer au financement pour offrir une offre plus attractive à un éventuel repreneur. Mais il faut croire que dans l’ombre d’autres décisions sont sans doute déjà prise pour des intérêts tous différents des leurs.

D’ailleurs, encore pour pallier aux insuffisances du financement du plan social, les salariés, ayant sollicité le tribunal de commerce de Fort-de-France, ont ensuite obtenu l’autorisation de fabriquer une dernière édition du quotidien et de son magazine du samedi FA magazine qui sera vendu sur 8 jours.

Dans cette affaire de liquidation, dans l’opinion dans les médias, il y a ceux qui dès vendredi ont préféré retenir, l’échec d’une reprise d’activité qui n’a pas eu lieu, mais ceux-là éviteront d’évoquer, que dans ce drame, il y a ceux qui s’en sortiront sans aucun dommage, car une fois de plus, les compères lapins ont pris de se tirés d’affaire en se mettant plein les poches des années durant sur une affaire qui a pendant des années rapportée gros.

le 03-02-2020



Le glyphosate, utilisé sans vergogne sur les exploitations bananières

Récemment sur une exploitation agricole, dont le propriétaire est Jean Michel HAYOT, il a été dénoncé par les travailleurs, l’usage sans mesure du glyphosate dans le traitement de l’enherbement.

Comment, en plein débat public sur les conséquences de l’usage du chlordécone sur la santé des ouvriers agricoles, peut-on ne pas respecter le simple principe de précaution ?

Ce comportement du patron béké, témoigne du profond mépris de ces gens qui mettent en danger quotidiennement la vie des autres.

Car le produit qui répond au nom commercial de Touchdown et est à base de glyphosate. Or si le glyphosate est l’herbicide chimique le plus vendu sur la planète, c’est aussi le pesticide le plus dangereux pour l’homme. Plusieurs études ont exprimé des craintes sur les dangers du glyphosate pour la santé et l’environnement. Le Centre international de recherche sur le cancer (Circ) le classifie « cancérogène probable ».

Aujourd’hui l’état des connaissances sur le produit indique que c’est, comme le chlordécone un perturbateur endocrinien. D’ailleurs plusieurs pays l’ont interdit et Monsanto, le puissant lobby qui commercialise les produits phytopharmaceutiques, a été condamné face à quatre malades du cancer ayant utilisé le produit pendant de longues années.

En Martinique le docteur Jean Michel MACNI dans un courrier adressé aux Maire et Présidents des Collectivités indiquait que : « des chercheurs BRESILIENS ont montré que des rats femelles  pleines au moment de l’exposition au GLYPHOSATE donnaient souvent naissance à des bébés atteints de MALFORMATION du squelette »
Ou encore il met en garde sur le fait que: «  le GLYPHOSATE soit disant inoffensif se transforme en AMPA (acide amino éthyl phosphonique) et en POEA (polyoxyéthylène) qui sont très écotoxiques et impliqués dans l’initiation de nombreux Cancers ».


Il est clair qu’aujourd’hui, il faut arrêter l’usage du produit tel qu’il est fait sur les exploitations bananières en créant des dommages aux ouvriers ainsi qu’à la population des environs. Continuer comme si de rien n’était, c’est mettre en danger la population ouvrière et la population tout court et c’est une faute, pour ceux qui détiennent le pouvoir d’agir et qui ne le font pas !

le 03-02-2020

à lire aussi :

exposition aux pesticides courrier a l'employeur du 20-01-2020
Taille : 290 ko - Dernières modifications : 04/02/2020
 


Fort de France : bilan de la manifestation du 16 janvier

Plusieurs organisations syndicales étaient présentes pour battre le pavé ce jeudi 16 janvier 2020: CGTM, FO, FSU, CDMT, UNSA, SNES, SASM.

De nombreuses municipalités avaient baissé le rideau de leurs établissements faute de personnel. Etaient également présents des salariés de tous horizons: COMMERCE, USINES ET DISTILLERIES, EDF, OUVRIERS AGRICOLES, PTT, RETRAITES, SANTE, COLLECTIVITES (CTM), BATIMENT.

Mais également de nombreux lycées étaient bloqués: lycée Schoelcher, lycée Joseph Gaillard, lycée de Bellevue, lycée Acajou1 et Acajou2, lycée Aliker., lycée Joseph Zobel à Rivière Salée, le collège de place d’Armes au Lamentin, le lycée professionnel de place d’armes...

La mobilisation était très importante, et laissait l’impression que le mouvement loin de s’essouffler, au contraire gagnait en détermination en  gagnait du terrain.

Plus de 2 000 personnes dans les rues de Fort de France manifestaient en scandant des slogans :

« Ritrêt pwa pwen, nou pa lé sa, ni pou nou, ni pou ich nou !
.

Ces derniers demandent le retrait pur et simple de ce projet de réforme des retraites. Ou encore : « De l’argent il y en a dans les coffres du patronat »  
Dans les cortèges lycéens, ça donnait de la voix « Réforme des retraites, réforme du bac, même combat ».

En fait, malgré l'annonce faite par Edouard Philippe et son acolyte Laurent Berger de retirer l'âge pivot, le mouvement reste en place et gagne en sympathie.

Tant et si bien que la suite du mouvement prévue pour le 24 janvier tentera d'élargir encore la contestation aux secteurs PETROLIER (Sara, Stations-services etc….), REGIES DES EAUX (Sme, Odissy) voir encore au-delà.

Annou rouvè anlé yo !

le 20-01-2020



Après la manifestation de colère à Fort de France (lu dans Combat Ouvrier).

Le lundi 13 janvier, plus de 150 personnes ont manifesté de la maison des syndicats jusqu’au tribunal de Fort de France en scandant des mots d’ordre contre le pouvoir colonial et les empoisonneurs békés. Ils voulaient sensibiliser la population, les appelant à soutenir les 7 jeunes militants anti-chlodécone poursuivis par la justice coloniale, et qui devaient comparaître dans l’après-midi à 14 heures.
Ces militants ont été interpellés à leur domicile le jeudi 28 novembre 2019. Ils sont suspectés d’avoir participé aux échauffourées à la suite de l’action des gendarmes contre des militants anti-chlordécone qui bloquaient les entrées du centre commercial Océanis et le supermarché Euromarché du groupe Hayot au Robert le 23 novembre 2019.
 
Mais voilà, arrivé devant la barrière d’entrée du tribunal pour pouvoir assister à ce procès injuste, des policiers et gendarmes armés jusqu’aux dents ont empêché l’accès d’entrée au tribunal aux manifestants. Les manifestants mécontents ont essayé d’y avoir accès en force, ils ont été malmenés par des coups de matraque et de bombes lacrymogènes.

Furieux, les manifestants s’en sont pris aux forces de répression coloniales par des jets de pierre et de toutes sortes de projectiles qui leur tombaient sous la main. Sans pour autant avoir accès à un site public. Et comme disait un de leurs avocats Germany, « quand il y a des procès de criminels, les forces de l’ordre n’empêchent pas l’accès aux personnes venues assister au procès. On n’a jamais vu çà. Donc c’est une provocation pure et simple d’empêcher la population d’assister à ce procès.».

Furieux les jeunes des quartiers de terre-saint- ville, sont venus avec raison prêter main forte aux manifestants. « Zot ka protéjé sé moun lan ki anpwoasoné nou. Bann séléra » Voilà ce qu'on  pu entendre, entre autre.

Les jeunes révoltés, s’en sont pris aux barrières d’entrée du tribunal en les défonçant. S’en est suivi jusque tard dans la nuit des échauffourées entre les forces de répression et les jeunes en colère.
Les tirs de flash ball ont blessé certains dont un gravement. ILS étaient totalement disproportionnés. 4 manifestants ont été interpellés et libérés après plusieurs heures de garde à vue.

Il faut exiger et obtenir la levée de toutes les poursuites et sanctions, aussi bien des 7 militant anti chlordécone que des manifestants interpellés, s'il y a lieu.

En tout cas, cela montre une chose, c’est qu’il existe une fraction de la jeunesse qui ne se trompe pas de cible. La plupart de ces jeunes sont de jeunes travailleurs ou de jeunes chômeurs sans perspective. Tous sont victimes  du système capitaliste et des séquelles du colonialisme. Derrière l'affaire du chlordécone il y a ce ressenti. Le chômage, la misère, l’arrogance engendrés par les capitalistes et les riches békés, sont une vraie poudrière sociale sur laquelle sont assis ces exploiteurs.

Ceux qui luttent cotre les conséquences désastreuses de pesticides sont inquiétés alors que les vrais responsables sont impunis.

Pour toutes ces raisons, Combat ouvrier apporte son soutien aux militants antis chlordécone, aux manifestants du lundi 13, aux jeunes révoltés.

Ils ont exprimé par leur réaction leur soif de respect et de dignité !

mardi 15 janvier 2020



Les raisons de refuser la réforme du gouvernement

Les économistes atterrés ont publié un document intitulés : « 12 idées reçues à combattre ». Ce sont là des éléments qui contribuent à convaincre et qui participent à la lutte pour le maintien du régime actuel de retraite.

le 20-01-2020

à lire :

Les raisons pour refuser la reforme des retraites du gouvernement 2020
Taille : 778 ko - Dernières modifications : 20/01/2020
 


Au Collectif Inter-Hôpitaux, 660 chefs de service appellent à la démission collective

En évoquant l’idée de lancer un « mouvement de désobéissance inédit», 660 chefs de service souhaitent obliger le gouvernement à ouvrir un Grenelle de l’hôpital public avec un vrai plan financé répondant aux besoins. Pour autant, respectant leur éthique professionnelle, les médecins hospitaliers se refusent à la grève des soins. Il y a deux mois, à l’appel du Collectif Inter-Hôpitaux (CIH), rassemblant médecins, personnels non médicaux et représentants des usagers, s’est mise en place dans plusieurs établissements une «grève du codage», c’est‑à-dire un blocage de la facturation des séjours hospitaliers à la Sécurité sociale. Le 14 novembre, les médecins ont manifesté dans la rue avec l’ensemble des personnels.

Ils déplorent que Les mesure gouvernementales se résument pour 2020 à moins de 300 millions supplémentaires alors que de l’avis général il manque 1,3 milliard d’euros pour répondre à la seule augmentation programmée des charges. L’hôpital se meurt et la ministre ne lui administre que des soins palliatifs.
C’est donc pour crier leur désespoir, que ces chefs de service, responsables d’unités de soins et médecins participent à la gestion des hôpitaux nommés ou élus, ne demandant rien pour eux-mêmes, s’engagent à démissionner si la ministre n’ouvre pas de réelles négociations pour desserrer la contrainte imposée à l’hôpital public.

le 04/01/2020


Accueil - La CGTM - Travail - Société - Nos syndicats - Juridique - Actualités - CGTM WEB-TV - International - Contact - Photos - Culture -
© CGT MARTINIQUE