Grève au Prêcheur : précarité persistante, gestion opaque, agents en colère

par | Juil 6, 2025 | Éditoriaux 2024, Municipaux

Depuis le 23 juin 2025, les agents municipaux de la commune du Prêcheur, soutenus par la CGTM-SOEM, sont en grève illimitée. À juste titre, Ils dénoncent une précarité persistante, des engagements non tenus et une gestion opaque des ressources humaines et budgétaires.

Une commune d’environ 1300 habitants… mais un déficit abyssal : pourquoi ?

Le maire justifie son inaction par l’entrée de la commune dans un Contrat de Redressement Outre-Mer (COROM). Soit. Mais comment expliquer un déficit de plus de 2,4 millions d’euros, soit près de 84 % du budget communal, dans une collectivité de moins de 2 000 habitants ? et surtout que cette ville avait déjà bénéficié d’un plan COCARDE en 2008.

Cette situation soulève une question légitime : Qu’est-ce qui justifie une telle dérive financière dans une si petite collectivité ?

Les agents, eux, subissent les conséquences d’une gestion qu’ils n’ont jamais contrôlée, mais dont ils payent le prix à travers la stagnation de leurs salaires, les temps partiels imposés et l’absence de titularisation.

1 500 € « impensable » pour un agent ? Une déclaration qui choque : le maire du Prêcheur a lors des négociations du vendredi 04 juillet 2025 déclaré qu’il n’était « pas pensable qu’un agent municipal du Prêcheur puisse toucher plus de 1 500 € par mois ». Une affirmation choquante et méprisante, surtout quand on parle de fonctionnaires territoriaux en situation de précarité.

Le maire trouve « impensable » un salaire de 1 500 €, alors que beaucoup d’agents vivent avec des salaires  inférieurs au SMIC mensuel, du fait du temps partiel imposé ?

❝ Faut-il rappeler que 1 500 €, c’est à peine le seuil de dignité dans la Fonction publique territoriale ? ❞

Cette déclaration illustre un profond mépris pour les agents, ceux-là mêmes qui assurent les services publics locaux essentiels, souvent dans des conditions difficiles.

Les agents du Prêcheur : les grands oubliés de la FPT ?

La situation au Prêcheur pose une question : Les agents municipaux de petites communes seraient-ils devenus les « parents pauvres » de la Fonction publique territoriale ?

Pas de titularisation malgré des années d’ancienneté, pas de temps plein, malgré la charge de travail, pas de reconnaissance salariale, malgré l’engagement.

Pendant ce temps, on leur dit que 1 500 € serait un salaire indécent… Où est la décence sociale dans tout cela ?

 

Lundi 7 juillet à 10h : place aux chiffres, pas aux paroles

Après plusieurs rencontres, le lundi 23 juin, où une proposition de 3 augmentations d’heures nous avait été faites ; Le 02 juillet un RDV non honorer par l’édilité, qui se concrétise après un barrage des routes et par une médiation conduite par le député de la circonscription, Marcelin NADEAU, un RDV est alors fixé au 04 juillet 2025 et « cerise sur le gâteau » le maire revient avec la même proposition, n’est-ce pas là encore du mépris ?!

Une nouvelle réunion est prévue ce lundi 7 juillet à 10h, avec une contre-proposition qui est de mettre tous les agents à temps plein, à défaut des titularisations qu’ils disent ne pas être supportable budgétairement pour le moment. La CGTM-SOEM y attend des réponses claires :

Une proposition chiffrée pour la mise à temps plein de tous les agents, et surtout, la transmission officielle des documents financiers attestant de la situation budgétaire (Compte administratif, budget primitif, le rapport de la chambre régionale des comptes, le RSU, l’état de la dette, le plan de redressement, …).

Aucune négociation ne se fera sur la base d’engagements oraux. Le temps des paroles est terminé. Place aux preuves.

Ce que nous revendiquons :

  • La fin immédiate de la précarité,
  • Le respect du protocole CGTM-SOEM de 2024,
  • La mise à temps plein immédiate,
  • La transparence budgétaire,
  • Et surtout : la dignité pour tous les agents publics.

 

📢 La lutte continue

Les services municipaux à l’arrêt. La population comprendra que les agents ne demandent ni privilèges, ni faveurs, mais simplement le respect de leurs droits fondamentaux.