Le 18 septembre 2025, la municipalité de Saint Joseph a présenté son projet de révision du Plan Local d’Urbanisme (PLU) à la Commission Départementale de la Préservation des Espaces Naturels, Agricoles et Forestier (CDPENAF) de la Martinique pour avis conforme. Lorsque la demande d’avis conforme est défavorable, l’autorité qui le demande a l’obligation de suivre cet avis. Ce fut le cas pour la réunion du 18 septembre 2025 qui a voté contre par 7 voix, 4 pour et une abstention. Il s’agit d’une décision assez exceptionnelle au regard de la composition de la CDPENAF, 4 pour l’administration, 2 pour les collectivités, 2 pour les professionnels, 3 pour les associations écologiques représentatives.
En Martinique les PLU sont souvent réalisés dans l’indifférence totale des populations lorsqu’elles n’ont pas d’intérêts immédiats. Les maires disposent des PLU pour leur politique d’aménagement qui font la part belle à l’urbanisation au détriment des espaces naturels, agricoles et forestiers. Les PLU doivent réaliser un équilibre entre les zones naturelles (N), les zones agricoles (A), les zones urbaines (U) et les zones à urbaniser (AU). Les espaces naturels ne doivent recevoir aucune construction nouvelle et les espaces agricoles reçoivent des constructions fortement limitées à l’usage de l’agriculture. C’est pourquoi les projets de PLU s’efforcent de récupérer des territoires pour l’urbanisation, l’extension des villes et même des ilots urbanisés qui pourraient s’étendre avec le temps
Saint Joseph est une commune rurale du centre de la Martinique qui bénéficie d’un espace naturel assez conséquent. La commune s’étend sur 43,29 km2 pour une population de 16 470 habitants, soit environ 380ha/km2. Comme partout en Martinique, la démographie est en baisse.
Il est reproché au PLU en révision d’étendre des zones d’activités économiques (ZAE), notamment à Choco-Choisy sur des espaces à vocation agricole. La partie proche du carrefour Manioc avait été réservée pour accueillir des activités artisanales de transformation de produits agricoles avec la plantation d’arbres fruitiers. C’est ce qu’avaient présenté les élus majoritaires du Conseil Régional. Il était aussi prévu l’installation du Carbet des Sciences. Dans la réalité, nous avons vu s’installer une station-service, une déchèterie, des bâtiments administratifs. Le plan actuel vise à récupérer un espace voué à l’agriculture pour le carbet des sciences et une suspicion d’extension de bâtiments qui pourraient rejoindre la cité construite plus en aval.
Dans la zone du carrefour Gondeau Palmiste, un terrain avait été réservé dans l’actuel PLU pour la reconstruction de l’école Amboise PALIX. Ce sont des villas individuelles qui se sont installées d’où la volonté de l’ancienne municipalité à l’origine de l’actuel projet de PLU de trouver de nouveaux espaces pour l’école à reconstruire. L’ancienne bananeraie a disparu.
Enfin, dans la même zone, il était question de réserver des terres pour l’extension d’un garage mais en réalité pour l’installation d’une fourrière automobile par le biais d’un Secteur de Taille et de Capacité Limitée STECAL. C’est une brèche ouverte au cœur d’un espace naturel ou agricole qui autorise de façon ciblée des constructions ou des changements de destination là où le refus est normalement la règle. Ce genre de projet doit prouver son caractère rare et son intérêt pour la collectivité.
La question se pose de savoir quel est l’intérêt de l’installation d’une fourrière au cœur d’un espace naturel.
C’est dans ce contexte que le projet de révision de PLU de Saint Joseph a été retoqué par une large majorité des votants de la CDPENAF.

